Cartier ne parle pas expressément de cette belle
rivière dans ses mémoires mais il a dû la saluer au passage le 12 juillet 1534 en route
vers le Cap du Prato (Percé) en revenant d'un voyage de reconnaissance qui avait conduit
son équipage jusqu'à la Matapédia, après des arrêts à Carleton et àPort-Daniel où
des groupes de sauvages avaient eu avec eux un échange de cadeaux et de courtoisie. C'est
à cette occasion que Cartier consignait dans ses souvenirs que: "Ces gens seraient
faciles à convertir et qu'ils allaient d'un lieu à l'autre pour pêcher."
Il semble bien que ces mêmes sauvages Micmacs ou Gaspésiens
Porte-Croix, sont aussi ceux qu'on rencontre au berceau de notre histoire. Ces sauvages
auraient pu même avoir, d'après des historiens sérieux, avant la venue de Cartier, des
contacts commerciaux ou autres avec des Européens. En 1534, la traite des pelleteries
leur était déjà connue et un peu plus tard malheureusement l'inévitable traite de
l'eau-de-vie. Il est curieux de constater que ce sont encore des descendants des Micmacs
de la Baie-des-Chaleurs qui, bon an mal an, viennent s'engager comme guides sur la
Grande-Rivière et qu'ils ont gardé de leurs ancêtres les mêmes caractéristiques de
dévouement, jovialité et un grand attachement à la religion.